À Favières, en Seine-et-Marne, un ancien terrain de loisirs devenu au fil des années une décharge et une carrière sauvage a progressivement laissé place à un jardin japonais de 9 000 m². Depuis 2021, Sandrine Milic, paysagiste spécialisée dans les jardins japonais, y mène un travail patient de réhabilitation paysagère et écologique.
« Beaucoup voyaient un terrain abandonné. J’y ai vu un lieu qui pouvait revivre. On parle souvent de préserver le patrimoine ; aux Jardins Japonais de Favières, il a d’abord fallu l’inventer. » S. Milic
Transformer plutôt que simplement restaurer
Lorsque Sandrine Milic découvre le terrain, celui-ci porte encore les traces de plusieurs décennies d’abandon : excavations, sols appauvris, déchets et anciennes zones de carrière.
Plutôt que de chercher à effacer cette histoire, elle choisit de composer avec elle. Inspirés par les principes traditionnels du jardin japonais et par le Sakuteiki, traité ancestral consacré à l’art de disposer les pierres, l’eau et le végétal, plusieurs jardins prennent peu à peu forme.
Bassins, mares, cascades, chemins et espaces de contemplation viennent ainsi redessiner le paysage, sans masquer complètement la mémoire du lieu.
Le retour rapide de la biodiversité
La transformation n’est pas seulement esthétique.
La création des mares et la préservation de zones plus naturelles ont rapidement favorisé le retour de nombreuses espèces. Des grenouilles ont recolonisé les points d’eau, des tritons sont apparus et les couleuvres à collier ont retrouvé des habitats favorables.
L’installation de nichoirs a également encouragé la présence des mésanges, qui participent naturellement à la régulation des chenilles processionnaires.
Le jardin est aujourd’hui entretenu sans désherbant ni insecticide. Près de la moitié de la propriété est conservée dans un état volontairement plus naturel et entretenue par écopâturage, afin d’offrir à la faune sauvage des espaces de tranquillité.
Un patrimoine vivant
Les Jardins Japonais de Favières ne sont donc pas seulement un lieu de promenade ou de contemplation. Ils constituent aussi un exemple de réhabilitation d’un terrain dégradé par le paysage.
Ici, le patrimoine n’a pas été hérité. Il s’est construit progressivement, à partir d’un lieu que beaucoup considéraient comme perdu.
Cette démarche entre particulièrement en résonance avec le thème des Journées Européennes du Patrimoine 2026 : « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ».
Aux Jardins Japonais de Favières, il ne s’agissait pas uniquement de préserver un patrimoine existant, mais bien d’en faire naître un nouveau.
Découvrir les Jardins Japonais de Favières
Situés à Favières, en Seine-et-Marne, les Jardins Japonais de Favières se visitent uniquement sur réservation.
Les visiteurs peuvent découvrir plusieurs jardins japonais, des bassins, des mares, des cascades ainsi que des espaces consacrés à la contemplation et à la relation entre l’homme et la nature.
